Article rédigé en octobre 2025 pour les courtiers indépendants, cabinets généralistes développant une clientèle de bailleurs et conseillers en gestion de patrimoine. Les références renvoient à la loi du 10 juillet 1965, à la loi du 6 juillet 1989, à la loi Alur du 24 mars 2014, au Code civil et aux publications de l'ANIL à la date de publication.
Depuis la loi Alur n° 2014-366 du 24 mars 2014, la PNO, ou assurance Propriétaire Non Occupant, est une obligation légale pour tout copropriétaire bailleur. Elle reste pourtant l'un des contrats les plus mal vendus du marché : beaucoup de courtiers la traitent comme un simple complément de la MRH du locataire. C'est une erreur, car son périmètre dépasse largement celui d'une garantie résiduelle. Un courtier qui maîtrise mal la frontière entre PNO et MRH expose son client à un découvert de couverture potentiellement ruineux.
Cet article expose le cadre légal post-Alur, la répartition des responsabilités entre PNO et MRH, l'exclusion possible de la location courte durée, les garanties indispensables et le traitement des dossiers atypiques chez Tutassur, courtier grossiste basé à Échirolles, près de Grenoble. Pour le bailleur particulier qui cherche la combinaison de contrats adaptée à son patrimoine (PNO, GLI, dégradations locatives, SCI), voir notre guide assurance bailleur particulier.
La PNO depuis la loi Alur de 2014 : obligation pour les copropriétaires
Avant 2014, la PNO était facultative. Le bailleur prudent en souscrivait une pour couvrir les périodes de vacance locative ou les défaillances de la MRH locataire. Les autres s'en passaient, en pariant sur l'assurance immeuble du syndicat et sur la MRH du locataire.
La loi Alur du 24 mars 2014 a mis fin à cette latitude. Son article 58 a inséré un article 9-1 dans la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété des immeubles bâtis. Le texte prévoit désormais que chaque copropriétaire, qu'il occupe ou non son logement, doit être assuré au minimum pour sa responsabilité civile. Pour le copropriétaire bailleur, cette obligation s'incarne dans la PNO.
Ce rattachement au statut de la copropriété éclaire le partage des rôles. L'assurance immeuble souscrite par le syndic couvre les parties communes et la responsabilité civile du syndicat. Elle ne couvre ni les parties privatives ni la responsabilité personnelle du copropriétaire bailleur. La PNO comble ce vide.
La prime d'une PNO pour un appartement de copropriété se compare au coût d'un seul sinistre non couvert : c'est l'argument à présenter au bailleur.
L'obligation Alur ne vise pas les maisons individuelles. Le propriétaire-bailleur d'une maison louée n'est pas légalement tenu de souscrire une PNO. Mais sa responsabilité civile reste engagée au titre de l'article 1240 du Code civil. Le courtier qui ne signale pas ce risque manque à son devoir de conseil.
PNO vs MRH locataire : qui couvre quoi
La confusion la plus fréquente consiste à croire que la MRH du locataire couvre tout. C'est faux. Les deux contrats se complètent mais ne se substituent jamais l'un à l'autre.
Schéma textuel des responsabilités :
- Locataire et MRH locataire : couvrent les biens mobiliers du locataire, sa responsabilité civile locative (article 1733 du Code civil, présomption de responsabilité incendie étendue par analogie aux dégâts des eaux), sa responsabilité civile vie privée et les recours des voisins et tiers dans la mesure où le sinistre trouve son origine dans le logement loué.
- Bailleur et PNO : couvrent le bâti dans ses parties privatives, la responsabilité civile du propriétaire vis-à-vis des tiers (article 1240 du Code civil), les périodes de vacance locative, les défaillances de la MRH du locataire, les vices de construction non couverts par la décennale, les dommages liés à un défaut d'entretien imputable au bailleur.
- Syndicat des copropriétaires : couvre les parties communes, la responsabilité civile du syndicat, et certains équipements collectifs (ascenseur, chaufferie commune).
Trois exemples concrets éclairent la frontière. Un incendie dont l'origine se situe dans le logement loué relève d'abord de la MRH du locataire au titre de l'article 1733 du Code civil. Une infiltration provenant d'une toiture mal entretenue par le bailleur relève de la PNO. Un sinistre lié à l'ascenseur relève de l'assurance du syndicat. Le rôle du courtier est de cartographier ces trois cercles et de combler les zones grises, notamment lorsque le locataire est sous-assuré ou résilié.
Le piège classique survient lorsque la MRH du locataire est résiliée pour impayé de prime. Le bailleur ne reçoit aucune notification automatique. En cas de sinistre majeur dans cette fenêtre, la PNO devient l'unique couverture du bâti privatif et exerce ensuite un recours contre le locataire défaillant. Sans PNO, le bailleur supporte personnellement le sinistre. C'est exactement le scénario auquel la loi Alur a voulu mettre fin.
PNO et location courte durée : une exclusion à vérifier
Une PNO standard peut exclure la location saisonnière : la rotation des occupants augmente la fréquence des sinistres, le voyageur ne dispose en général pas d'une MRH couvrant le logement, et l'activité est souvent qualifiée de commerciale dès que des prestations parahôtelières sont fournies. Le courtier doit donc déclarer l'activité, vérifier la nomenclature du contrat et orienter le client vers un porteur acceptant la saisonnière, faute de quoi l'assureur peut opposer une fausse déclaration intentionnelle au titre de l'article L. 113-8 du Code des assurances. Les contrats adaptés à ces biens (PNO meublé touristique, multirisque saisonnière, articulation avec la garantie hôte de la plateforme) sont détaillés dans notre guide assurance location courte durée.
Les garanties indispensables vs accessoires
Un contrat PNO complet s'articule autour d'un socle de garanties indispensables, complété par des extensions selon le profil du bailleur.
Garanties indispensables :
- Responsabilité civile propriétaire : couvre les dommages causés aux tiers du fait du bien immobilier au titre de l'article 1240 du Code civil. Plafond minimal recommandé : 5 millions d'euros par sinistre.
- Recours des voisins et des tiers : intervient lorsque le sinistre, parti du bien loué, cause des dommages chez les voisins. Le plafond varie selon les compagnies : comparez-le à la valeur des biens voisins exposés.
- Dommages aux biens du bâti privatif : incendie, explosion, dégâts des eaux, événements climatiques, bris de glace, vandalisme. Cette garantie prend le relais de la MRH locataire défaillante.
Les garanties loyers impayés ne relèvent pas stricto sensu de la PNO classique. Elles font l'objet d'un contrat distinct, la garantie loyers impayés (GLI), soumise à des critères de sélection du locataire et à des plafonds de loyer. Une GLI bien dimensionnée complète la stratégie d'assurance du bailleur. Sur ce sujet, voir notre guide garantie loyers impayés : critères de souscription et placement.
Les garanties accessoires les plus utiles incluent la protection juridique propriétaire, la garantie travaux, l'extension catastrophes naturelles désormais centrale depuis les épisodes de retrait-gonflement des argiles, et la garantie dommages électriques. La question du surcoût lié à la taxe catastrophes naturelles mérite d'être anticipée dans le devis, comme nous l'expliquons dans notre analyse de la hausse de la taxe catnat.
Pour le cadre applicable, voir les publications de l'ANIL (www.anil.org) et le portail officiel (service-public.fr) qui résument l'obligation d'assurance côté particulier. Les textes consolidés restent accessibles sur Légifrance.
Comment Tutassur traite la PNO
Tutassur est un courtier grossiste en assurance (ORIAS n° 22001730), basé à Échirolles, près de Grenoble. Les dossiers PNO qui sortent des grilles standards (SCI patrimoniales, biens atypiques, location courte durée, biens en travaux, copropriétés dégradées) relèvent des risques complexes ou aggravés : l'équipe de souscription les étudie au cas par cas, à partir d'un dossier complet fourni par le courtier, sans acceptation garantie d'avance. La méthode appliquée à ces biens atypiques est détaillée dans notre article risques complexes et méthode d'étude Tutassur.
Les risques standards se tarifent dans l'extranet (app.tutassur.fr). La convention de partenariat est conclue sans exclusivité de cabinet et sans minimum de production pour démarrer.
Pour situer l'écosystème courtage grossiste, voir courtier grossiste : définition, rôle et différence. Le code s'ouvre en ligne sur parcours-odc.tutassur.fr, en quatre étapes ; détails sur la page devenir partenaire. Pour élargir aux risques pros, notre guide MRP TPE complète la palette.
Foire aux questions
Les cinq questions présentes en frontmatter répondent aux interrogations les plus fréquentes des bailleurs particuliers et des courtiers généralistes : contenu de l'obligation loi Alur (y compris pour une SCI), obligation pour une maison, prise en charge d'un dégât des eaux locataire, PNO sur un bien en travaux et conséquences d'une absence de PNO chez un copropriétaire bailleur. Ces réponses sont reprises dans le balisage FAQPage pour le SEO.
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Questions fréquentes
PNO obligatoire loi Alur : que prévoit le texte, y compris pour une SCI ?
La loi Alur n° 2014-366 du 24 mars 2014, par son article 58, a inséré un article 9-1 dans la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété : chaque copropriétaire, qu'il occupe ou non son logement, doit être assuré au minimum pour sa responsabilité civile. Pour le copropriétaire bailleur, cette obligation prend la forme de la PNO. L'assurance de l'immeuble souscrite par le syndic ne la remplace pas : elle couvre les parties communes et la responsabilité civile du syndicat, pas les parties privatives ni la responsabilité personnelle du copropriétaire. Une SCI (société civile immobilière) qui détient un ou plusieurs lots loués est juridiquement un propriétaire bailleur, soumise à la même obligation : la PNO est alors souscrite au nom de la SCI, avec son numéro SIREN, en précisant le nombre de lots détenus. Le choix du contrat selon la taille du parc relève ensuite de la stratégie d'assurance du bailleur.
La PNO est-elle obligatoire pour une maison ?
Non. L'obligation issue de la loi Alur du 24 mars 2014, codifiée à l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété, ne vise que les copropriétaires bailleurs. Une maison individuelle en location relève d'une obligation purement contractuelle ou prudentielle. Aucun texte n'impose au bailleur d'une maison de souscrire une PNO, mais la responsabilité civile du propriétaire reste pleinement engagée au titre de l'article 1240 du Code civil. En pratique, l'absence d'assurance bailleur sur une maison louée expose le propriétaire à régler personnellement la totalité d'un sinistre majeur (incendie, effondrement, recours des voisins) si le locataire est insolvable ou si la MRH locataire est résiliée.
Qui paye en cas de dégât des eaux d'un locataire ?
Le locataire est présumé responsable des dommages survenus dans le logement loué au titre de l'article 1733 du Code civil, qui pose une présomption de responsabilité en cas d'incendie et que la jurisprudence a étendue par analogie. Sa MRH (multirisque habitation locataire) intervient en première ligne, via la garantie dégâts des eaux et la garantie responsabilité civile locative. Si la MRH du locataire est défaillante (impayé, résiliation, refus de garantie), la PNO du bailleur prend le relais sur les dommages au bâti et exerce ensuite un recours subrogatoire contre le locataire défaillant ou son assureur.
PNO pour un bien en travaux ?
Un bien vacant en travaux relève d'une PNO spécifique avec extension travaux, ou parfois d'un contrat dédié de type assurance dommages-ouvrage couplée. Les compagnies considèrent qu'un logement vide et en chantier présente un risque aggravé : intrusion, vandalisme, dégâts liés à l'intervention d'entreprises, sinistralité incendie accrue. Le souscripteur exige un descriptif des travaux, une durée prévisionnelle, l'identité des entreprises et leurs attestations de RC décennale. Une PNO standard sans déclaration de travaux peut être déchue de garantie en cas de sinistre lié au chantier.
Que se passe-t-il si on n'a pas de PNO ?
Pour un copropriétaire bailleur, l'absence de PNO constitue un manquement à l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 issu de la loi Alur. La sanction n'est pas pénale, mais le syndic peut souscrire d'office une assurance pour le compte du copropriétaire défaillant et en répercuter le coût sur les charges. Surtout, en cas de sinistre, le bailleur supporte personnellement les conséquences pécuniaires : recours des voisins et des tiers (article 1240 du Code civil), dommages au bâti, perte de loyers. Une simple infiltration générant 30 000 € de réparations chez le voisin du dessous peut suffire à déséquilibrer un patrimoine locatif modeste.