Article rédigé en mai 2026 à destination des cabinets de courtage partenaires qui veulent comprendre comment Tutassur organise concrètement la souscription. Les références juridiques renvoient au Code des assurances et au Code civil en vigueur à la date de publication. Les trois cas concrets sont anonymisés à partir de typologies réelles traitées par le back-office Grenoble.
Tutassur fonctionne avec 2 modes de souscription distincts et complémentaires. Le premier est entièrement en ligne via l'extranet : devis, souscription et signature électronique en moins de 5 minutes, pour les profils qui passent dans la grille produit. Le second mode est une étude sur-mesure menée par l'équipe souscription humaine du back-office Grenoble, avec un délai indicatif de 24 à 72 heures, dédiée aux dossiers que les moteurs automatisés rejettent.
Cette dualité est le positionnement de fond du modèle Tutassur. Le réseau de 270 cabinets partenaires bénéficie ainsi d'un canal rapide sur les profils standards et d'un canal expert sur les configurations atypiques, le tout depuis la même interface. Cet article pose la différence entre risque standard et risque complexe sur six axes, détaille les deux modes, explique le routage automatique, illustre trois cas concrets et précise les délais réels.
Définition risque standard vs complexe (6 axes)
Un dossier non-standard se reconnaît à la conjonction d'au moins un facteur d'alerte sur six axes d'analyse. Pris isolément, chaque axe n'est pas disqualifiant. Cumulés ou marqués fortement, ils font basculer le dossier hors du périmètre du mode en ligne.
Premier axe, l'activité. Certains métiers sont classés sensibles par les départements souscription : sécurité privée armée, événementiel grand public, formation médico-sociale, restauration de nuit, transport de matières dangereuses, conseil en investissement non agréé. La liste n'est pas figée et bouge en fonction des résultats techniques des traités de réassurance.
Deuxième axe, la sinistralité. Au-delà de deux sinistres en cinq ans ou d'un sinistre unique supérieur à 50 000 € en RC Pro, la plupart des moteurs renvoient une bascule en étude. La nature du sinistre pèse plus que le montant : un dégât des eaux à 80 000 € sort moins lourd qu'un sinistre RC corporel à 30 000 €.
Troisième axe, les antécédents du dirigeant. Résiliations à initiative de l'assureur au sens de l'article L. 113-2 du Code des assurances, redressement judiciaire récent, condamnation pénale liée à l'activité. Quatrième axe, le profil personnel sur les contrats auto : permis annulé, suspension pour alcoolémie, contraventions répétées. Cinquième axe, la géographie : zones de sinistralité catastrophes naturelles aggravée, départements à forte densité de fraude documentée, certains arrondissements urbains sur la MRP commerce. Sixième axe, le financier : capitaux propres négatifs, ancienneté inférieure à douze mois, exposition par sinistre supérieure à dix fois le chiffre d'affaires.
À l'inverse, un risque standard cumule des marqueurs favorables sur ces six axes : activité dans la grille produit, sinistralité nulle ou très basse, dirigeant sans antécédent, géographie banalisée, situation financière saine. Sur cette typologie, le mode en ligne suffit. La promesse Tutassur n'est donc pas binaire mais à double étage, alignée sur la réalité des cabinets partenaires.
Mode 1 : souscription en ligne en moins de 5 minutes
Le premier mode couvre les profils standards via l'extranet Tutassur. Le courtier saisit les données client, l'outil calcule le tarif, édite les conditions particulières et permet la signature électronique du client final dans la foulée. Le contrat est émis dans la session, sans intervention humaine côté souscription. L'objectif tenu est sous les 5 minutes par dossier hors saisie initiale du client.
Les 8 lignes produits Tutassur sont accessibles dans ce mode quand le profil passe la grille : auto, MRH, PNO, MRP, RC Pro, assistance, protection juridique et marchandises transportées. Chaque produit a son propre formulaire calibré, ses propres seuils de bascule et son propre niveau de personnalisation autorisé (franchises, plafonds, options). Le courtier n'a pas à choisir le mode : il commence par renseigner son dossier et l'outil tranche.
L'avantage pour le cabinet partenaire est direct. Sur les flux à fort volume — RC Pro coiffeur, multirisque pour TPE de service, auto VL avec coefficient sain — la rentabilité opérationnelle se joue sur le temps de saisie. Quelques minutes par dossier permettent d'absorber le volume sans embaucher. Le devoir de conseil au sens de l'article L. 521-2 du Code des assurances reste pleinement à la charge du courtier apporteur, mais la chaîne technique ne le ralentit pas. Pour évaluer concrètement les capacités d'un extranet courtage, voir les 7 critères d'évaluation d'un extranet courtier grossiste.
Trois garde-fous structurent ce mode. La traçabilité complète des saisies est conservée dans le dossier, utile en cas de contestation ultérieure du devoir d'information. Les pièces justificatives sont collectées au fil de l'eau et archivées. Enfin, la signature électronique respecte le règlement eIDAS, ce qui sécurise juridiquement l'adhésion du client. Le mode en ligne n'est pas un raccourci : c'est une chaîne complète condensée.
Mode 2 : étude sur-mesure 24-72h
Le second mode prend le relais quand le dossier sort de la grille. Une équipe de souscripteurs basée à Grenoble étudie chaque cas manuellement, mobilise le panel de porteurs en appétit sur le segment concerné et négocie les conditions. Le délai indicatif tourne entre 24 et 72 heures sur la grande majorité des dossiers, avec des cas particuliers qui peuvent dépasser cette fourchette quand une visite de risque physique est nécessaire ou quand le porteur passe par un comité de souscription hebdomadaire.
La méthode interne suit quatre étapes courtes. Première étape, l'analyse du risque : lecture du dossier, qualification sur les six axes, demande de pièces complémentaires si nécessaire, rédaction d'une note de cadrage qui identifie les points forts et les points faibles. Deuxième étape, le choix du porteur : à partir du panel actif et de l'historique des accords récents, le souscripteur identifie deux à quatre compagnies cibles. Troisième étape, la négociation : présentation du dossier avec la note explicative, défense des paramètres ouverts (montant de franchise, périmètre d'activités couvertes, plafond par sinistre). Quatrième étape, le montage final : note de couverture, vérification des exclusions, alerte si une garantie attendue n'a pas été obtenue.
Trois piliers soutiennent ce mode. L'équipe souscription humaine d'abord, dimensionnée pour absorber les flux entrants sans dépasser les délais indicatifs. L'inspecteur courtage dédié Sylvain Cortez ensuite, qui relaie auprès des porteurs les configurations difficiles et entretient la relation directe avec les directions souscription des compagnies. La session de formation mensuelle enfin, ouverte à tous les cabinets partenaires, qui permet aux courtiers de comprendre comment monter un dossier sur-mesure pour maximiser ses chances. Ces trois éléments structurent la qualité de l'étude.
Routage automatique extranet
Le passage du mode 1 au mode 2 n'est pas une décision prise par le courtier : il est déclenché automatiquement par la logique de l'extranet. Trois familles de critères déclenchent la bascule.
Premier déclencheur, l'activité hors liste. Si le code NAF saisi n'est pas couvert par la grille produit standard, ou si l'activité réelle déclarée diffère du code NAF officiel (cas fréquent en BTP multi-corps), l'outil propose la bascule vers l'étude. Deuxième déclencheur, la sinistralité. Tout sinistre déclaré au-delà des seuils du moteur, ou toute résiliation antérieure mentionnée par le client, oriente vers l'équipe souscription humaine. Troisième déclencheur, la multi-activité. Quand le courtier saisit plus d'une activité significative — typiquement une décennale combinée à une RC Pro distincte, ou un transport avec stockage — la bascule est quasi-automatique car les grilles standard ne savent pas pondérer ces combinaisons.
La bascule est transparente pour le courtier. Aucun rejet sec, aucun message générique du type « risque hors-grille, veuillez nous contacter ». Le système affiche le motif de bascule, transmet automatiquement les données déjà saisies à l'équipe souscription et confirme un délai indicatif. Le courtier suit l'avancement dans son espace, peut ajouter des pièces et est notifié à chaque étape. La logique vise à éviter la perte de dossiers que les modèles 100 % automatisés laissent mourir dans le tuyau.
Cette continuité d'expérience est l'un des arguments qui distinguent Tutassur dans le paysage du courtage de gros. Pour le contexte général sur le métier et son fonctionnement, le courtier grossiste : définition et rôle pose les bases utiles à un cabinet qui envisage un partenariat.
3 cas concrets
Cas n°1 — Restauration lyonnaise terrasse 40 m² avec friteuse gaz. Un cabinet partenaire nous a transmis en février 2026 un dossier MRP pour un restaurateur lyonnais exploitant une terrasse de 40 m² équipée d'une friteuse gaz extérieure. Trois compagnies STP avaient refusé en moins d'une heure, motivant par un risque incendie aggravé. L'équipe souscription Grenoble a constitué le dossier complet (HACCP, certificat de conformité gaz, attestation maintenance extincteurs) et l'a présenté à un porteur spécialisé en restauration thermique. Accord obtenu en 48 heures avec une franchise majorée à 1 500 € et une exclusion limitée à la cuisson en intérieur sans hotte. La couverture MRP + RC Pro a été émise avant l'ouverture estivale. Pour le détail sectoriel, voir l'article dédié à l'assurance restaurant MRP + RC Pro.
Cas n°2 — Couvreur indépendant, deux sinistres décennaux en quatre ans, multi-activités. Un cabinet de l'agglomération bordelaise nous a confié en janvier 2026 un dossier décennale pour un couvreur de huit ans d'activité, cumulant couverture en ardoise, zinguerie et isolation thermique extérieure. Deux sinistres décennaux en quatre ans (infiltration sur ITE, fissuration sur zinc), refus chez trois grossistes spécialisés BTP. Le dirigeant avait suivi une formation Qualibat et changé de fournisseur d'isolant. L'équipe souscription a documenté ces actions correctives, sollicité deux porteurs alternatifs et décroché un accord en 72 heures avec une prime majorée d'environ 50 % par rapport au standard et une franchise par sinistre portée à 4 500 €. L'article 1792 du Code civil rend la décennale d'ordre public, ce qui interdit toute exclusion contractuelle de cette garantie. Le focus complet sur cette branche est dans l'assurance décennale bâtiment, guide par métiers.
Cas n°3 — PME e-commerce cosmétiques Europe. En novembre 2025, un cabinet savoyard nous a contactés pour une PME e-commerce vendant des cosmétiques sur la France, l'Allemagne et la Belgique, expédiant par sous-traitance logistique. Deux comparateurs en ligne avaient refusé en moins de 24 heures, motivant par activité hors-grille. Valeur transportée régulièrement supérieure à 30 000 € par envoi groupé, marchandises sensibles à la chaleur en été. L'équipe souscription a sollicité un porteur transport spécialisé et a obtenu un accord en 60 heures, avec une garantie facultés marchandises transportées dédiée et une exclusion limitée aux envois supérieurs à 80 000 € par colis. Trois polices coordonnées (MRP entrepôt, RC Pro, MT marchandises) ont sécurisé l'ensemble du flux.
Les trois cas ont un point commun : aucun ne passait en STP, tous ont abouti par l'étude sur-mesure dans une fourchette de 48 à 72 heures. Le différentiel ne tient pas à un secret commercial mais à la disponibilité d'un humain capable de réécrire la présentation du risque et de solliciter le bon porteur.
Délais et engagements
Sur le mode en ligne, l'objectif tenu est sous 5 minutes de la saisie initiale jusqu'à la signature électronique du client final. Ce délai concerne le temps machine et le temps courtier : si le client met une heure à signer, le système reste ouvert mais ne ralentit pas la chaîne. La grande majorité des dossiers standards sortent dans cette fourchette, hors cas de saisies incomplètes ou de pièces manquantes côté client.
Sur le mode étude, les délais indicatifs sont les suivants. Un dossier simple qui se résout avec un seul porteur et sans pièce complémentaire ressort en 24 à 48 heures. Un dossier moyen, avec deux porteurs sollicités en parallèle ou une demande de documents au courtier apporteur, tourne autour de 48 à 72 heures. Un dossier complexe à plusieurs porteurs avec négociation tarifaire ou visite de risque préalable peut dépasser cette fourchette et s'étendre sur 7 à 21 jours, en particulier si la visite physique s'impose ou si le porteur passe par un comité de souscription hebdomadaire.
Ces fourchettes sont des moyennes observées sur le flux entrant, pas des engagements contractuels. Trois facteurs allongent le délai. La qualité du dossier initial pèse fortement : un dossier incomplet repart en aller-retour avec le courtier et perd plusieurs jours. La saisonnalité joue aussi : décembre et fin août sont des creux décisionnels chez les compagnies. Enfin, la complexité de la chaîne de validation interne du porteur (certains assureurs passent par un comité hebdomadaire) peut imposer une attente structurelle.
L'extranet Tutassur affiche en temps réel l'étape en cours et le souscripteur en charge. Le courtier peut relancer, ajouter une pièce ou demander une précision sans appeler. Cette traçabilité fait partie du socle du modèle, au même titre que la transparence sur les conditions. Les références juridiques applicables sont accessibles sur Légifrance — Code des assurances articles L. 111-1 (champ d'application), L. 113-2 (obligations de l'assuré) et L. 521-2 (devoir de conseil DDA), ainsi que l'article L. 511-1 sur les catégories d'intermédiaires. Pour ouvrir un code et tester les deux modes sur un cas réel, voir devenir partenaire.
Foire aux questions
Les questions ci-dessous reprennent les points les plus fréquemment soulevés par les cabinets qui découvrent l'approche à deux modes. Elles complètent la lecture des sections précédentes et précisent les zones grises souvent rencontrées en pratique. Les références réglementaires complémentaires sont consultables sur le site de l'ACPR pour les obligations professionnelles et sur l'Argus de l'Assurance pour les évolutions de marché.
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Questions fréquentes
Qui décide standard vs complexe ?
Le routage automatique de l'extranet Tutassur tranche en première intention à partir des données saisies par le courtier apporteur. Si l'activité figure dans la grille des produits packagés, si la sinistralité est nulle ou faible et si les indicateurs financiers passent les seuils, le dossier reste en mode en ligne. Si l'un des six axes d'évaluation déclenche une alerte, le dossier bascule automatiquement vers l'équipe souscription humaine à Grenoble. Le courtier n'a aucune décision à prendre lui-même : la logique est transparente et le motif de bascule lui est affiché.
Peut-on basculer en cours de souscription ?
Oui. Si pendant une saisie en mode en ligne le courtier déclare un sinistre antérieur, une activité annexe non listée ou une zone géographique sensible, l'extranet propose une bascule immédiate vers le mode étude. Le travail déjà effectué n'est pas perdu : les données du formulaire sont reprises automatiquement par l'équipe souscription. Le courtier reçoit un accusé de réception et un délai indicatif sous 24 à 72 heures selon la complexité. Aucune ressaisie n'est demandée au courtier ou au client final.
Plus cher si sur-mesure ?
Pas systématiquement. Une étude sur-mesure n'est pas un produit dégradé : elle est une porte d'entrée vers des porteurs spécialisés qui ne sont accessibles que par cette voie. Sur un risque avec sinistralité modérée, la prime peut sortir à un niveau comparable au standard du marché. Sur un risque très aggravé, la majoration tourne souvent entre 15 et 50 % selon la nature du dossier, mais l'enjeu n'est pas d'abord le prix : c'est d'obtenir une couverture conforme là où le marché refuse. Le tarif est négocié avec le porteur cas par cas.
Quels documents pour une étude ?
Le socle commun est court : extrait Kbis de moins de trois mois, relevé de sinistralité officiel sur 36 à 60 mois selon la branche, déclaration d'activité avec répartition du chiffre d'affaires, attestation de formation ou de certification quand le métier l'exige (Qualibat, RGE, HACCP, agrément ACPR). Pour la décennale, ajouter la liste des activités au sens de la nomenclature FFB. Pour le transport, ajouter les itinéraires habituels et la valeur moyenne par voyage. Une note explicative du dirigeant sur les actions correctives après sinistre double les chances d'accord.
Quels secteurs entièrement sur-mesure ?
Certaines familles passent toujours par l'équipe souscription humaine, sans même tenter le mode en ligne : sécurité privée armée, événementiel grand public, médico-social hors agrément standard, formation continue DPC, transport de matières dangereuses, exploitations agricoles transformatrices, sites SEVESO seuil bas. Côté décennale, les multi-activités, les structures bois non Eurocodes et l'isolation thermique extérieure sur bâti ancien partent aussi directement en étude. Le routage automatique connaît ces secteurs et les oriente sans étape intermédiaire.
Combien de devis pour un risque complexe ?
Sur un dossier non-standard, l'équipe souscription sollicite généralement deux à quatre porteurs cibles plutôt que dix. Un dossier qui circule trop largement perd en crédibilité car les compagnies se renvoient l'information via les renouvellements de traités de réassurance. Le souscripteur identifie les deux ou trois assureurs en appétit au moment T sur le segment concerné, présente le dossier avec une note explicative dédiée et négocie les conditions au cas par cas. Cette sollicitation resserrée améliore le taux d'accord par rapport à un envoi générique.