Article rédigé pour les courtiers immobiliers et IARD qui placent des contrats bailleur. Les références juridiques renvoient au Code des assurances, à la loi du 6 juillet 1989 et aux barèmes publics Action Logement disponibles à la date de publication.

La Garantie Loyers Impayés est un produit IARD particulier. Elle mélange assurance de dommages, protection juridique et délégation de gestion locative. Sa souscription se joue d'abord sur le dossier locataire, pas sur le bien. Un placement raté laisse le bailleur sans couverture pendant 12 à 18 mois de procédure, avec un coût moyen d'impayé entre 8 000 et 15 000 euros par dossier.

Cet article décrit ce que couvre une GLI, les ratios de solvabilité utilisés par les compagnies, le comparatif avec VISALE et la caution personnelle, les cas d'exclusion fréquents et la stratégie de placement de notre back-office. L'objectif est de donner au courtier de proximité les bons réflexes pour qualifier un dossier en amont.

GLI : ce qui est couvert, ce qui ne l'est pas

La garantie loyers impayés couvre trois familles de sinistres. D'abord les loyers et charges impayés, à compter du premier ou du deuxième mois selon la franchise contractuelle. Ensuite les frais de procédure : commandement de payer, assignation, recours à un commissaire de justice, honoraires d'avocat. Enfin les dégradations immobilières constatées à la sortie du locataire, dans la limite du plafond contrat et après application de la vétusté.

Le plafond global d'indemnisation se situe entre 36 et 90 mois de loyers selon les contrats. Les compagnies les plus restrictives plafonnent à 36 mois cumulés loyers + procédure + dégradations. Les contrats premium montent à 90 mois et incluent une garantie protection juridique étendue. La franchise standard oscille entre 1 et 3 mois d'impayés, parfois rachetable moyennant surprime.

Ce qui n'est jamais couvert mérite d'être listé clair. Les périodes de vacance locative sont exclues : la GLI suppose un bail actif avec un locataire identifié. Les dégradations courantes liées à l'usage normal du bien restent à la charge du bailleur, l'assureur ne payant que ce qui dépasse la vétusté. Les loyers en retard antérieurs à la souscription sont écartés, ce qui rend la GLI rétroactive impossible. Les baux meublés saisonniers ou les locations type Airbnb sortent du périmètre habitation principale visé par la loi de 1989.

Un point souvent oublié : la GLI couvre le bail, pas le bien. Un changement de locataire en cours de contrat impose une nouvelle qualification du dossier.

Les ratios de solvabilité du locataire

Le coeur de la souscription GLI se joue sur la solvabilité du locataire entrant. La règle marché s'établit à 3,3 fois le loyer hors charges en revenus nets mensuels. Un locataire qui postule sur un appartement à 750 euros hors charges doit donc justifier d'au moins 2 475 euros nets par mois pour passer la grille de la majorité des compagnies. Certains contrats premium descendent à 2,8×, mais avec des contreparties (franchise allongée, plafond rabaissé).

La nature du contrat de travail entre dans l'équation. Un CDI confirmé hors période d'essai est accepté quasi automatiquement si le ratio passe. Le CDD demande une durée résiduelle d'au moins 8 à 12 mois et un ratio relevé à 4×. Les travailleurs non salariés (TNS, freelances, gérants de SARL) doivent fournir deux à trois bilans, et le ratio retenu se calcule sur la moyenne du résultat net + rémunération, pas sur le chiffre d'affaires. Les compagnies les plus prudentes appliquent un coefficient de 70 % aux revenus TNS.

Le cas étudiant suit une logique différente. Sans revenu propre, le dossier passe uniquement avec un garant physique solvable au ratio 3,3× le loyer, ou avec une garantie VISALE Action Logement validée. La fonction publique apporte un bonus implicite, beaucoup de compagnies allant jusqu'à 3,0× pour un fonctionnaire titulaire.

Les pièces exigées sont stables d'un assureur à l'autre : trois derniers bulletins de salaire, dernier avis d'imposition, contrat de travail, pièce d'identité, justificatif de domicile précédent, attestation d'employeur de moins de 3 mois. Un dossier incomplet ne se rattrape pas en cours de bail. Pour la mécanique d'une étude sur-mesure sur dossier atypique, le guide comment Tutassur étudie un risque complexe détaille la grille interne.

GLI vs VISALE vs caution personnelle : comparatif

Trois solutions coexistent pour sécuriser un bailleur : la GLI assureur, le dispositif VISALE Action Logement, et la caution personnelle d'un tiers. Elles ne sont pas équivalentes, et le choix se fait sur la situation du locataire, le profil du bailleur et le cadre légal.

CritèreGLI (assureur)VISALE (Action Logement)Caution personnelle
Coût pour le bailleur2 à 3,5 % du loyer annuel TTCGratuitGratuit
Plafond d'indemnisation36 à 90 mois loyers + frais6 fois le loyer hors charges sur 3 ansAucun plafond légal, mais limité au patrimoine du garant
Profil locataire éligibleTous, sous condition ratio 3,3×Moins de 30 ans, salarié précaire, mobilité proTout locataire avec garant solvable
Dégradations couvertesOui, jusqu'au plafond contratNonSelon clause de l'acte de cautionnement
Frais de procédurePris en chargeNonÀ la charge du bailleur
Délai de mise en jeu1 à 3 mois (franchise)1 moisMise en demeure immédiate
Cumul avec autre garantieCumul caution interdit (art. 22-1 loi 1989)Cumulable selon assureurCumul GLI interdit hors étudiant
Recours juridiqueRéseau d'avocats partenairesLocataire reste responsable, remboursement Action LogementÀ la charge du bailleur

Le tableau parle de lui-même sur deux points. VISALE est gratuit pour le bailleur, ce qui est imbattable sur le papier, mais le plafond de 6 fois le loyer hors charges sur 3 ans (chiffres publics sur visale.fr) reste insuffisant face à une procédure qui dure 18 mois et entraîne des dégradations. La caution personnelle dépend entièrement de la solvabilité du garant, et l'expérience montre qu'un garant familial qui voit son fils ou sa fille en difficulté financière refuse souvent de payer sans procédure contentieuse, longue et coûteuse.

La GLI assureur reste le seul produit qui couvre simultanément les loyers, les frais juridiques et les dégradations, avec un interlocuteur unique. Son coût (2 à 3,5 % du loyer annuel) est largement amortissable sur un patrimoine locatif de plus de 2 lots.

Les cas d'exclusion fréquents

Quatre situations entraînent un refus quasi systématique des compagnies, et chaque courtier doit les avoir en tête avant d'engager une étude. Ces motifs représentent la grande majorité des dossiers refusés en back-office.

Locataire déjà en place avant souscription. C'est le piège classique. Un bailleur qui découvre un retard de loyer à 30 jours et tente de souscrire une garantie loyers impayés dans la foulée se voit opposer la nullité au titre de l'article L. 113-8 du Code des assurances. Les compagnies imposent une attestation sur l'honneur certifiant l'absence d'impayé à la signature, et croisent l'information avec les quittances des trois derniers mois.

Dossier locataire incomplet ou non validé. Si le bailleur a signé le bail sans réclamer l'ensemble des pièces (avis d'imposition, contrat de travail, justificatif employeur), la garantie ne s'active pas. La compagnie exige le dossier complet au format numérique avant le premier loyer encaissé. Une pièce manquante au moment du sinistre suffit à refuser l'indemnisation, ce qui ramène le bailleur à la case caution personnelle s'il en a une.

Ratio de solvabilité non respecté au choix du locataire. Un bailleur qui souscrit une GLI puis loue à un locataire en dessous du ratio 3,3× sort du périmètre contractuel. La compagnie résilie ou refuse l'indemnisation. Quelques contrats acceptent une dérogation ratio à 3,0× contre surprime de 0,3 à 0,7 point, mais elle doit être actée par avenant avant la signature du bail.

Baux atypiques. Bail mobilité de 1 à 10 mois (loi Elan 2018), colocation sans clause de solidarité, sous-location informelle, bail de fonction : autant de situations où la couverture devient partielle ou inexistante. Un bail colocation avec clause de solidarité active reste assurable, mais chaque colocataire entre dans le calcul du ratio cumulé.

Pour les bailleurs qui hésitent entre PNO et MRH sur un bien loué, le guide PNO vs MRH loi Alur : le piège du courtier explique l'articulation avec la GLI.

Comment Tutassur place la GLI

Notre back-office Grenoble centralise l'instruction des dossiers GLI. Une équipe souscription humaine basée en France lit chaque dossier locataire, parce que la GLI se joue à la pièce justificative près.

Le courtier apporteur dépose son dossier sur l'extranet Tutassur. Trois fichiers obligatoires : bail signé ou projet de bail, pièces locataire complètes au format PDF, fiche bailleur. Le retour de souscription tombe sous 24 à 48 heures ouvrées. En cas de dossier atypique (TNS sans 3 bilans, étudiant sans garant, expatrié, bail meublé longue durée), notre équipe propose soit une dérogation contractuelle, soit une orientation vers un produit alternatif.

Trois cas typiques traités :

  • Bailleur 1 à 3 lots avec locataires CDI standards : tarification rapide, contrat 36 mois sans surprime.
  • Bailleur multi-lots (8+ lots) avec mix CDI/CDD/TNS : étude portefeuille globale, tarif négocié, regroupement des quittancements.
  • Investisseur Pinel ou LMNP avec locataires étudiants : combinaison GLI bail étudiant + VISALE quand l'éligibilité Action Logement passe.

Un cas concret anonymisé. Bailleur parisien, 8 logements en investissement locatif répartis entre Paris 19e et Nanterre, mix de 5 locataires CDI et 3 étudiants. Sinistralité historique : un impayé sur 36 mois, soldé à l'amiable. Placement en septembre 2024 sur un contrat GLI 60 mois avec franchise 1 mois, prime totale annuelle de 2 740 euros TTC sur un loyer cumulé annuel de 91 200 euros, soit 3,0 % de prime. Au premier renouvellement, aucune sinistralité déclarée. L'inspecteur courtage dédié, Sylvain Cortez, a réalisé l'analyse portefeuille initiale.

Voir la page devenir partenaire Tutassur pour l'ouverture de code courtier et l'accès à la grille GLI multi-compagnies. La définition du métier de grossiste est posée dans courtier grossiste : définition, rôle et différence. Les courtiers IARD qui placent aussi de la MRP TPE peuvent consulter le guide MRP TPE : tarifer la multirisque professionnelle.

Les références juridiques officielles restent consultables sur Legifrance pour la loi du 6 juillet 1989 et la loi Alur de 2014, sur VISALE pour les conditions Action Logement, et sur Service-Public.fr pour la doctrine administrative bailleur. L'ANIL publie également des fiches pratiques utiles pour qualifier un dossier.

Foire aux questions

Les questions ci-dessous reprennent les cas concrets remontés par notre équipe souscription sur les dossiers garantie loyers impayés traités en 2024 et début 2025. Elles couvrent la rétroactivité, l'arbitrage multi-lots, les locataires étudiants, le coût d'une GLI et la prise en charge d'une procédure d'expulsion. Pour toute situation atypique sortant de ces six réponses, le passage par une étude back-office reste la voie sûre.

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Questions fréquentes

GLI rétroactive : est-ce possible ?

Non. Une garantie loyers impayés ne se souscrit pas une fois le locataire en place avec un impayé déjà constaté. Les compagnies imposent un délai de carence de 1 à 3 mois après souscription, et exigent que le bail soit signé sans incident antérieur. Souscrire avec un loyer en retard équivaut à une fausse déclaration et entraîne la nullité du contrat au titre de l'article L. 113-8 du Code des assurances.

Faut-il une GLI sur tous ses biens ?

Pas systématiquement. Un bailleur avec un seul lot et un locataire solide (CDI confirmé, ratio supérieur à 3,3× le loyer) peut se passer de GLI. Au-delà de 3 ou 4 lots, ou dès qu'un dossier locataire présente une fragilité (CDD, TNS, étudiant sans garant), la prime annuelle de 2 à 3,5 % du loyer devient un arbitrage rentable face au coût moyen d'un impayé.

GLI et locataire étudiant ?

Possible, mais sous conditions strictes. La plupart des contrats acceptent l'étudiant si un garant physique répond au ratio 3,3× le loyer, ou si un garant moral type VISALE couvre le bail. Sans garant solvable, le dossier est refusé. Quelques compagnies proposent une GLI dédiée bail étudiant avec surprime de 0,3 à 0,5 point.

Combien coûte une GLI ?

La prime se situe entre 2 % et 3,5 % du loyer annuel charges comprises, parfois jusqu'à 4 % pour les contrats haut de gamme avec garantie dégradations renforcée. Sur un loyer de 800 euros par mois charges comprises, le coût annuel tourne entre 192 et 336 euros. La prime reste déductible des revenus fonciers au régime réel.

GLI et procédure d'expulsion : qui prend en charge ?

Le contrat GLI couvre les frais de procédure : commandement de payer, assignation, recours à un commissaire de justice, frais d'avocat plafonnés selon barème. Le plafond global oscille entre 36 et 90 mois d'indemnisation cumulée loyers + procédure + dégradations. L'assureur pilote la procédure via son réseau juridique partenaire et reverse les loyers à terme échu.

Peut-on cumuler GLI et caution personnelle ?

Non, c'est interdit par l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 pour les baux d'habitation principale, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti. Le bailleur doit choisir entre l'un et l'autre. Cumuler les deux entraîne la nullité de la caution. La GLI reste cumulable avec VISALE uniquement si la compagnie l'accepte, ce qui est rare.

SM

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