Article rédigé pour les courtiers d'assurance immatriculés ORIAS qui exercent en tant qu'intermédiaires d'assurance. Les références juridiques renvoient au Code des assurances, au Code monétaire et financier et aux arrêtés d'application de la directive DDA en vigueur à la date de publication.

La formation continue courtier assurance n'est plus une option depuis l'entrée en vigueur de la directive DDA en France. Quinze heures par an, six thèmes obligatoires, une traçabilité documentée sur cinq ans, un contrôle possible à tout moment par l'ACPR. Les sanctions encourues vont de l'avertissement au retrait de l'immatriculation ORIAS, ce qui revient à fermer le cabinet.

Cet article reprend le cadre juridique applicable à l'IAS (intermédiaire d'assurance) niveau I, II et III, la liste des thèmes imposés, la mécanique du contrôle ACPR, et la manière dont Tutassur structure son programme mensuel de formation pour que chaque courtier partenaire couvre ses obligations sans y consacrer une journée de chasse au justificatif.

Le cadre légal : 15 heures par an minimum depuis DDA

La directive 2016/97 du 20 janvier 2016 sur la distribution d'assurances, dite DDA, a été transposée en droit français par l'ordonnance n° 2018-361 du 16 mai 2018, complétée par le décret n° 2019-186 du 11 mars 2019. Le dispositif est codifié à l'article L. 511-2 du Code des assurances, qui pose le principe d'une formation et d'un développement professionnel continus pour tous les intermédiaires d'assurance et leurs salariés en contact avec la clientèle.

Le seuil de 15 heures de formation par an est fixé par l'arrêté du 26 septembre 2018 relatif à la formation continue des intermédiaires d'assurance, à comptabiliser par année civile complète. L'obligation s'applique à toutes les personnes immatriculées à l'ORIAS en qualité de courtier, mandataire, agent général ou mandataire d'intermédiaire. Les trois catégories d'IAS sont concernées : IAS niveau I pour la distribution complexe en vie et IARD, IAS niveau II pour la distribution simple, IAS niveau III pour les produits d'assurance accessoires.

Le seuil de 15 heures se calcule sur l'année civile, du 1er janvier au 31 décembre. Un courtier immatriculé en cours d'année voit son obligation calculée au prorata temporis. La règle s'étend aux salariés qui interviennent dans la chaîne de distribution, y compris les chargés de clientèle et les téléconseillers qui présentent des produits, ce que rappelle régulièrement l'ACPR dans ses contrôles thématiques.

L'arrêté du 27 mars 2019 vient préciser le contenu, les modalités pédagogiques et les obligations documentaires des organismes de formation. C'est ce texte qui rend opposable la liste des thèmes et le format des attestations.

Les thèmes obligatoires

L'annexe à l'arrêté du 26 septembre 2018 liste six grandes familles de thèmes qui doivent être couverts dans le cumul des 15 heures annuelles. La répartition n'est pas figée heure par heure, mais aucun thème ne peut être entièrement absent sur un cycle.

Réglementation et environnement juridique. Évolutions du Code des assurances, jurisprudence récente, transpositions européennes, doctrine de l'ACPR, recommandations de la DGCCRF. C'est le bloc le plus mouvant : la loi Hamon, la loi Châtel, la résiliation infra-annuelle, la loi Lemoine sur l'emprunteur, le règlement européen IDD.

Technique produit. Mécanique des contrats par branche : auto, MRH, MRP, GLI, santé, prévoyance, emprunteur, RC pro, flotte, dommages-ouvrage. Lecture des conditions générales, exclusions, plafonds, franchises, articulation avec les garanties annexes. Ce bloc absorbe en général le plus d'heures sur l'année.

Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme (LCB-FT). Obligation rappelée par l'article L. 561-2 du Code monétaire et financier. Le courtier d'assurance est assujetti depuis 2014 pour les contrats d'assurance vie capitalisation. La formation couvre l'identification du client, la vigilance constante, la déclaration de soupçon à TRACFIN.

Protection des données personnelles (RGPD). Règlement UE 2016/679 et loi Informatique et Libertés modifiée. Tenue du registre des traitements, durée de conservation, droits des assurés, sous-traitance, notification de violation. Sujet structurant car chaque souscription génère un traitement de données sensibles.

Devoir de conseil et information précontractuelle. Articles L. 521-1 à L. 521-5 du Code des assurances. Recueil des exigences et besoins, fiche d'information, document d'information sur le produit d'assurance (DIPA), traçabilité de la recommandation. Sujet récurrent en contrôle ACPR.

Déontologie et prévention des conflits d'intérêts. Politique de rémunération, transparence sur les commissions, indépendance du conseil, traitement des réclamations. Le devoir de conseil se prolonge en obligation déontologique permanente.

Le cumul de ces six thèmes sur l'année est imposé. Un cycle de formation 100 % technique produit, sans bloc LCB-FT ni RGPD, ne passe pas le contrôle de conformité même s'il totalise 15 heures.

Comment justifier ses heures lors d'un contrôle ACPR

Le contrôle de l'ACPR sur la formation continue se déclenche soit dans le cadre d'une mission de contrôle sur place programmée, soit sur signalement (réclamation client, alerte ORIAS, retour de compagnie). La règle d'or : la charge de la preuve repose sur l'intermédiaire, pas sur l'autorité.

Trois pièces sont systématiquement demandées. L'attestation individuelle de formation émise par l'organisme pour chaque session, datée, signée, mentionnant l'identité du stagiaire, son numéro ORIAS, le thème, la durée effective en heures et l'identification du formateur. Le programme pédagogique de chaque session, qui permet à l'ACPR de vérifier le rattachement aux six thèmes obligatoires. Le récapitulatif annuel consolidant le nombre d'heures par thème et par année civile.

La conservation des justificatifs est de 5 ans glissants à compter de la date de chaque formation, conformément à l'article R. 514-1 du Code des assurances. Un courtier contrôlé en mars 2026 doit pouvoir produire l'intégralité des attestations à compter de mars 2021. Le format papier reste admis, mais l'archivage numérique horodaté est devenu la norme en pratique. Le registre de formation doit être tenu de manière chronologique et permettre une recherche par année, par stagiaire et par thème.

Les sanctions encourues en cas de défaut figurent à l'article L. 612-39 du Code monétaire et financier. La gamme est large : avertissement, blâme, interdiction d'exercer pour une durée maximale de 10 ans, retrait de l'immatriculation ORIAS, sanction pécuniaire pouvant atteindre 100 millions d'euros pour une personne morale et 5 millions d'euros pour une personne physique. En pratique, sur un défaut limité, la sanction se concentre sur le rattrapage obligatoire et l'avertissement. La récidive ou l'absence totale de tenue de registre exposent au retrait, qui éteint l'activité.

Un cas concret anonymisé. Cabinet de courtage iséroise, deux associés et un salarié producteur, contrôle ACPR sur place déclenché en juin 2024 sur signalement client. L'inspection demande les justificatifs de formation 2019 à 2023 pour les trois personnes. Le cabinet produit 11 attestations pour l'associé A (53 heures cumulées sur 5 ans, conforme), 8 attestations pour l'associé B (41 heures, conforme), et 4 attestations pour le salarié producteur (19 heures sur 3 années de présence, insuffisant car 45 heures attendues). Sanction prononcée : avertissement, obligation de rattrapage de 26 heures dans les 6 mois, et mise en place d'un registre conforme. Aucune sanction pécuniaire grâce à la bonne foi démontrée et à la rapidité du plan de remédiation. L'inspecteur courtage Tutassur, Sylvain Cortez, a accompagné le cabinet sur la construction du plan de rattrapage et l'inscription au programme mensuel.

Le programme mensuel Tutassur

Le back-office Grenoble pilote depuis 2022 un programme mensuel de formation continue ouvert à tous les courtiers partenaires, conçu pour couvrir les 15 heures DDA sur l'année civile sans heures supplémentaires en fin d'année.

Le rythme est d'une formation par mois, en présentiel dans nos locaux grenoblois ou en visioconférence, avec replay disponible sous 48 heures sur l'extranet Tutassur. Chaque session dure entre 1h30 et 2h, soit un cumul annuel de 18 à 22 heures, ce qui laisse une marge de sécurité au-dessus du seuil légal. La programmation annuelle couvre les six thèmes obligatoires avec une rotation calée sur l'actualité : un module LCB-FT chaque trimestre, un module RGPD au moins deux fois par an, le reste réparti entre technique produit, réglementation, déontologie et devoir de conseil.

L'extranet Tutassur génère automatiquement l'attestation individuelle à l'issue de chaque session, avec horodatage, identité, numéro ORIAS, thème, durée et signature électronique du formateur. Les attestations sont archivées pendant 10 ans dans l'espace personnel du courtier, soit le double de la durée légale, pour absorber d'éventuels contrôles tardifs. Le récapitulatif annuel consolidé est généré en un clic en janvier de l'année suivante, prêt à être transmis en cas de contrôle. C'est ce pilier de formation mensuelle tracée qui sécurise les courtiers partenaires sur leur conformité DDA.

Les replay sont équipés d'un quiz de validation des acquis (5 questions), condition imposée par l'arrêté du 27 mars 2019 pour qu'une formation distancielle compte dans les 15 heures. Sans validation du quiz, l'attestation n'est pas émise. Cette mécanique évite l'écueil classique du e-learning passif rejeté par l'ACPR.

Le programme est gratuit pour les courtiers ayant ouvert un code Tutassur. Les modalités d'ouverture de code sont décrites dans le guide comment ouvrir un code courtier grossiste. Les nouveaux entrants bénéficient d'un parcours d'intégration spécifique présenté dans onboarding courtier débutant : les 90 premiers jours, qui inclut un rattrapage formation accéléré pour les courtiers immatriculés en cours d'année. L'animation pédagogique est portée conjointement par l'équipe souscription pro et par l'inspecteur courtage dédié, dont le rôle est détaillé dans l'inspecteur courtage, animateur commercial du grossiste.

Pour ouvrir un code et accéder au programme, la page devenir partenaire Tutassur regroupe les pièces à fournir et les délais d'activation. Les textes officiels restent consultables sur Legifrance pour les articles du Code des assurances et l'ordonnance du 16 mai 2018, sur ACPR Banque de France pour les recommandations et la doctrine de l'autorité, et sur ORIAS pour la vérification d'immatriculation et les exigences d'inscription.

Foire aux questions

Les questions ci-dessous reprennent les situations remontées le plus souvent par les courtiers partenaires sur la conformité DDA et la préparation d'un contrôle ACPR. Elles couvrent les sanctions, la valeur des formations dispensées par un grossiste, le format des attestations, la place des replay et la répartition des heures par famille de produits. Pour toute question hors périmètre, l'équipe pédagogique Tutassur reste joignable via l'extranet Tutassur.

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Questions fréquentes

Que risque-t-on en cas de contrôle si on n'a pas ses heures ?

L'ACPR dispose d'un arsenal gradué prévu par l'article L. 612-39 du Code monétaire et financier : avertissement, blâme, interdiction temporaire d'exercer, retrait de l'immatriculation ORIAS et sanction pécuniaire pouvant atteindre 100 millions d'euros pour une personne morale, 5 millions pour une personne physique. En pratique, sur un défaut isolé de quelques heures, la sanction observée se limite à un avertissement assorti d'une obligation de rattrapage avant date limite, mais la récidive ou l'absence totale de traçabilité expose au retrait du code ORIAS, ce qui équivaut à un arrêt de l'activité de distribution.

Les formations dispensées par un grossiste comptent-elles ?

Oui, à condition que l'organisme respecte les exigences de l'arrêté du 27 mars 2019 relatif au contenu et aux modalités de la formation continue des intermédiaires d'assurance. Le formateur doit attester la durée effective, le contenu pédagogique conforme aux 6 thèmes obligatoires et la signature du participant. Les formations animées par les compagnies partenaires ou par un courtier grossiste qualifié comptent dans les 15 heures dès lors que l'attestation mentionne ces éléments. Tutassur émet une attestation conforme à chaque session mensuelle.

Faut-il une attestation par formation ?

Oui. L'arrêté du 27 mars 2019 et la position 2019-P-01 de l'ACPR imposent une attestation individuelle pour chaque session, comportant l'identité du stagiaire, son numéro ORIAS, la date, la durée en heures, le thème suivi, le nom du formateur et son organisme. C'est cette attestation, et non un récapitulatif annuel, qui sera demandée pièce par pièce en cas de contrôle. La conservation se fait sur 5 ans glissants à compter de la date de chaque formation.

Les replay comptent-ils ?

Oui, le e-learning et les replay vidéo sont expressément admis par l'arrêté du 27 mars 2019 sous trois conditions : la durée effective doit être traçable (horodatage de connexion et de fin), un dispositif d'évaluation des acquis doit exister (quiz, QCM, attestation de suivi), et l'organisme doit délivrer une attestation nominative. Une vidéo regardée sans validation d'acquis ne compte pas. Les replay Tutassur sont équipés d'un quiz de 5 questions et d'un suivi temps réel.

Combien d'heures par produit recommandé ?

La réglementation ne fixe pas de minimum par produit, mais l'ACPR rappelle dans sa recommandation 2020-R-01 sur le devoir de conseil que la formation doit être proportionnée à la nature des produits distribués. En pratique, un courtier qui place de la GLI, de la MRP TPE et de la flotte auto a intérêt à consacrer au moins 2 à 3 heures par grande famille de produits chaque année, le reste étant ventilé sur les thèmes transverses (LCB-FT, RGPD, déontologie). La grille de répartition recommandée par Tutassur est disponible sur l'extranet.

SM

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