Tribune publiée le 19 mai 2026. Cet article engage uniquement son auteur.
J'ai longtemps hésité à écrire ce texte. Quand on dirige une boîte, on a vite peur de passer pour un donneur de leçons. Mais à force de construire Tutassur et d'échanger avec des courtiers, des compagnies et des confrères grossistes, j'ai fini par me dire que le silence revenait à valider un état de fait que je trouve injuste pour le marché.
Alors voilà. Ce texte est un manifeste. Pas une plaquette commerciale. Pas un article SEO. Une prise de position assumée sur ce qu'est devenu le courtage de gros en France, et sur ce qu'on essaie de faire différemment.
D'où on vient : le constat des dérives du courtage de gros classique
J'ai commencé dans l'assurance en 2014, comme producteur salarié dans un cabinet de courtage de l'Isère. Trois ans plus tard, j'ouvrais mon propre cabinet. C'est là que j'ai découvert, de l'autre côté du miroir, ce qu'était vraiment travailler avec un courtier grossiste classique.
Exemple illustratif (fictif) : un courtier présente la RC Pro d'un professionnel de santé qui cumule plusieurs activités. Il sollicite plusieurs grossistes et ne reçoit que des refus par mail générique. Pas un appel. Pas une question. Pas une contre-proposition. Autre exemple illustratif (fictif) : un transporteur frigorifique avec des sinistres lourds dans son historique, dont le dossier est renvoyé vers une adresse « service technique » qui ne répond pas.
Ces dossiers compliqués sont précisément ceux où le conseil du courtier a le plus de valeur. Ce sont aussi ceux qu'une grille écarte le plus facilement.
J'ai monté Tutassur avec cette idée simple : un grossiste doit être capable de regarder un dossier et de dire "je prends le temps", pas "ça ne rentre pas dans la grille". Le reste a suivi.
Six dogmes du courtage de gros à remettre en question
Voici six règles tacites du courtage de gros classique qu'on a décidé de ne pas suivre. Aucune n'est inscrite dans la loi. Toutes sont devenues des habitudes confortables.
1. Le refus systématique des risques complexes
Le courtage de gros classique a transformé la souscription en filtrage automatique. Si le risque ne rentre pas dans une grille, il est refusé. C'est efficace pour les marges, désastreux pour les courtiers. Chez Tutassur, l'équipe de souscription étudie au cas par cas les risques complexes ou aggravés, au lieu de les écarter d'office.
2. L'extranet vitrine
Beaucoup de grossistes ont un extranet qui sert à afficher des produits, télécharger des conditions générales, et c'est tout. La souscription se fait par mail. Le suivi par téléphone. Un courtier a besoin d'un outil de travail, pas d'une vitrine. Le nôtre, app.tutassur.fr, s'accompagne d'une API et d'une offre en marque blanche, et nos parcours de devis en ligne sont organisés par produit.
3. La formation marketing
La DDA impose 15 heures de formation continue par an depuis 2018. Le risque, c'est qu'elle se réduise à des webinaires où une plaquette commerciale est présentée comme une formation. C'est légal. Ce n'est pas utile. Chez Tutassur, les formations DDA passent par Tutassur Academy.
4. L'animation absente
Un courtier a besoin d'un interlocuteur humain chez son grossiste, pas seulement d'une interface. Chez Tutassur, l'équipe est joignable au 04 65 84 25 34 et à gestion@tutassur.fr, et les dossiers complexes sont étudiés par l'équipe de souscription.
5. La dépendance technologique
Beaucoup de grossistes enferment leurs courtiers dans leur extranet : pour souscrire, il faut passer par leur interface, ressaisir les données, dupliquer les infos déjà présentes dans le CRM du courtier. Un courtier doit pouvoir travailler depuis ses propres outils : c'est le rôle de notre API et de notre offre en marque blanche.
6. L'opacité commission
C'est le sujet le plus tabou du métier. Combien gagne réellement le grossiste sur un contrat ? Quelle est sa marge ? Quelle part rétrocède-t-il ? Ce sont des questions qu'un courtier est en droit de poser à son grossiste, et il doit au minimum savoir lire ce qui lui est reversé. Sur ce point, voir comment lire un bordereau de commission et repérer les anomalies.
Le modèle Tutassur
Le modèle Tutassur tient en quelques principes.
Plusieurs canaux d'accès. Un courtier doit pouvoir nous solliciter par le canal qui lui convient : l'extranet (app.tutassur.fr), l'API pour le cabinet qui a déjà ses outils, ou la marque blanche. On ne force personne à entrer dans une case. Sur la frontière entre distribution en gros et délégation de souscription, voir grossiste, MGA, agence de souscription : qui fait quoi ?.
L'étude au cas par cas comme cœur de métier. Quand un dossier sort de la grille, il est étudié par l'équipe de souscription, pas écarté par un algorithme. Les risques complexes ou aggravés sont examinés au cas par cas.
Des gammes pour les particuliers et les professionnels. Tutassur propose des gammes particuliers et professionnelles, avec des parcours de devis en ligne par produit.
Un accès simple. L'ouverture de code se fait en ligne, sur parcours-odc.tutassur.fr, en 4 étapes. La convention est sans exclusivité de cabinet, et aucun minimum de production n'est demandé pour démarrer.
La formation DDA. Les formations DDA passent par Tutassur Academy, pour aider les courtiers à suivre leurs 15 heures annuelles.
Pour aller plus loin, voir choisir un courtier grossiste : 10 critères et la définition précise du métier de courtier grossiste.
Ce qu'on n'est pas
Une promesse vaut autant par ce qu'elle exclut que par ce qu'elle inclut. Voici ce que Tutassur n'est pas, et ce qu'il n'impose pas :
Pas d'exclusivité imposée au courtier. La convention est sans exclusivité de cabinet, et aucun minimum de production n'est demandé pour démarrer. Un courtier reste libre de travailler avec d'autres grossistes.
Pas une compagnie d'assurance. Tutassur est un courtier grossiste en assurance, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 22001730. Ce n'est pas lui qui porte le risque : c'est l'assureur.
Pas de souscription tout automatique. L'IA est utile pour pré-qualifier, classer, suggérer. Elle ne remplace pas une discussion avec un souscripteur sur un dossier limite : les risques complexes ou aggravés sont étudiés au cas par cas par l'équipe de souscription.
La vision pour la suite
Je veux que Tutassur reste un grossiste qui étudie les dossiers au lieu de les écarter, qui laisse le courtier libre et qui se branche sur ses outils. Concrètement, cela passe par ce qui existe déjà : l'étude au cas par cas des risques complexes ou aggravés, une convention sans exclusivité de cabinet, aucun minimum de production pour démarrer, l'extranet, l'API et la marque blanche.
Ce n'est pas spectaculaire. C'est ce qu'un courtier est en droit d'attendre d'un grossiste.
Si vous êtes courtier et que ce texte vous parle, on en discute volontiers : demander à devenir partenaire. Si vous êtes confrère grossiste et que vous n'êtes pas d'accord, j'ai bien conscience que ce manifeste va m'attirer quelques retours. Tant mieux. Le débat est sain. Le marché en a besoin. Et pour une lecture complémentaire sur l'état du marché, l'article récent de L'Argus de l'Assurance sur le courtage de gros reste une référence sérieuse sur les évolutions du secteur. On peut aussi croiser ce regard avec notre comparatif 2026 des principaux courtiers grossistes français.
Sami Hami Fondateur, Tutassur Échirolles, mai 2026
Foire aux questions
Pourquoi être courtier grossiste plutôt que compagnie ? Parce qu'une compagnie porte le risque et applique sa propre grille. Un courtier grossiste est un intermédiaire : son rôle est d'étudier le dossier pour le courtier, pas de défendre une seule grille.
Comment vérifier qu'un courtier grossiste est bien immatriculé ? Sur le registre public de l'ORIAS (orias.fr), avec son numéro d'immatriculation. Tutassur y est inscrit sous le n° 22001730 ; son SIREN est le 909 661 860, et les intermédiaires d'assurance relèvent du contrôle de l'ACPR.
Faut-il signer une exclusivité pour travailler avec Tutassur ? Non. La convention de courtage est sans exclusivité de cabinet, et aucun minimum de production n'est demandé pour démarrer.
Comment ouvrir un code courtier chez Tutassur ? En ligne, sur parcours-odc.tutassur.fr, en 4 étapes. Une fois le code ouvert, le courtier travaille par l'extranet (app.tutassur.fr), par API ou en marque blanche.
Où est basé Tutassur ? À Échirolles, près de Grenoble : 32 rue de Comboire, 38130 Échirolles. L'équipe est joignable au 04 65 84 25 34 ou à gestion@tutassur.fr.
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Ouvrez votre code en ligne en 4 étapes, sans minimum de production pour démarrer : extranet, API et marque blanche, formations DDA via Tutassur Academy.
Questions fréquentes
Pourquoi être courtier grossiste plutôt que compagnie ?
Parce qu'une compagnie porte le risque et applique sa propre grille. Un courtier grossiste est un intermédiaire : son rôle est d'étudier le dossier pour le courtier, pas de défendre une seule grille.
Comment vérifier qu'un courtier grossiste est bien immatriculé ?
Sur le registre public de l'ORIAS (orias.fr), avec son numéro d'immatriculation. Tutassur y est inscrit sous le n° 22001730 ; son SIREN est le 909 661 860, et les intermédiaires d'assurance relèvent du contrôle de l'ACPR.
Faut-il signer une exclusivité pour travailler avec Tutassur ?
Non. La convention de courtage est sans exclusivité de cabinet, et aucun minimum de production n'est demandé pour démarrer.
Comment ouvrir un code courtier chez Tutassur ?
En ligne, sur parcours-odc.tutassur.fr, en 4 étapes. Une fois le code ouvert, le courtier travaille par l'extranet (app.tutassur.fr), par API ou en marque blanche.
Où est basé Tutassur ?
À Échirolles, près de Grenoble : 32 rue de Comboire, 38130 Échirolles. L'équipe est joignable au 04 65 84 25 34 ou à gestion@tutassur.fr.